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L’industrialisation fait des ravages sur les écosystèmes marins et les stocks diminuent de façon importante.
Les chalutiers usines, véritables aspirateurs à poissons, appartiennent à de grands groupes industriels et utilisent des méthodes hautement élaborées.
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Rencontres “Vivre de la mer” à la Cité des Sciences et de l’Industrie

Publié dans Environnement, Rencontres - le 01/04/2008 à 12h17

Voici le programme de ces rencontres :

- la prochaine séance le samedi 5 avril à 14h30 sera consacrée au thème “A qui appartient la mer ?
Cette table ronde réunira des spécialistes de la pêche et du droit international ainsi qu’ une ethnologue.
Petits pêcheurs contre navires géants, artisans de la mer contre l’industrie de la pêche, ici et ailleurs.

- samedi 5 avril à 17h, une séance autour des derniers nomades de la mer en Indonésie en compagnie de l’explorateur Jérôme Delafosse (émission ” Les nouveaux explorateurs” sur Canal +),

- samedi 12 avril à 14h30 : table-ronde “Marin pêcheur de père en fils ?”
Du nord au sud, le métier de pêcheur est aujourd’hui menacé.

- samedi 12 avril à 17h :
projection débat autour de la pêche dans les pays du Sud : Indonésie et Sénégal, en présence de isabelle Antunes, géographe et réalisatrice.

- dimanche 13 avril à 14h :
autour de la pêche en Mauritanie, projection du très beau documentaire “Sahel bleu” de Bernard Surugue, en présence du réalisateur.

- dimanche 13 avril à 16h
projection du film “Combat pour la mer” de Moustafa Ndoye, rencontres entre des pêcheurs de Bretagne et du Sénégal.

Pour plus d’informations sur ces Rencontres je vous invite à consulter le site de la Cité des Sciences et de l’Industrie : http://www.cite-sciences.fr.



La fin de la morue

Publié dans Environnement, Pêcheur, ressource - le 11/02/2008 à 14h02

La morue a quasiment disparu de la façade atlantique du Canada par la faute de pêcheurs trop gourmands, de politiciens trop hésitants et de savants trop orgueilleux. Histoire d’une catastrophe.Trepassey, à la pointe sud de Terre-Neuve. La conserverie, qui tourne désormais au ralenti, témoigne seule des jours heureux où la morue abondait et où l’industrie du poisson faisait travailler jusqu’à 1 400 habitants de ce port de la côte est du Canada, aujourd’hui, Trepassey est une ville fantôme.
C’est là le reflet social, humain, d’un désastre écologique annoncé.

L’épuisement des réserves halieutiques a plongé dans le marasme toutes les communautés de Terre-Neuve qui vivaient exclusivement de la pêche à la morue. Aujourd’hui, sans autres ressources que les subventions gouvernementales, les pêcheurs ruminent leur colère et se demandent comment on a pu tuer la poule aux œufs d’or.

Dans cette tragédie, il est difficile de désigner un seul coupable. Les pêcheurs, caboteurs ou hauturiers, ne se sont pas privés de minimiser l’importance de leurs prises, de pêcher dans les zones de frai et de balancer par-dessus bord des tonnes de menu fretin qui sont allées pourrir au fond de l’océan.

En même temps, l’avènement du radar et d’équipements plus performants a permis aux chalutiers canadiens et étrangers de se transformer en véritables aspirateurs à poissons, capables de capturer des bancs entiers en un minimum de temps.
De leur côté, les savants sont coupables d’avoir constamment surestimé les réserves. Il est vrai que les estimations sont souvent hasardeuses avec le peu que l’on sait des mœurs de la morue, de sa place dans la chaîne alimentaire marine, du rôle des prédateurs comme les phoques et des conséquences des changements de température de l’océan.

Mais les spécialistes ont eu le tort de baser leurs calculs sur les chiffres élevés des prises en haute mer, en ne tenant pas assez compte de la redoutable efficacité des techniques modernes de pêche.
D’où l’adoption de quotas de pêche irréalistes, aboutissant à une surexploitation de la biomasse.
Ce que résume ainsi R. Haedrich: «La pêche a excédé la reproduction naturelle des poissons.
Les savants refusaient d’admettre qu’ils n’étaient pas infaillibles et, chaque fois qu’il fallait prendre une décision, c’est la rentabilité qui l’emportait sur la conservation, l’économie qui passait avant l’écologie.

Personne n’a cherché à défendre l’espèce menacée.»
Mais même lorsque les scientifiques, à la fin des années 80, ont averti que les stocks de poissons étaient en danger, les dirigeants politiques d’Ottawa ont hésité à abaisser les quotas et, par conséquent, les revenus des pêcheurs.
Pourtant ces derniers étaient déjà largement subventionnés par le gouvernement, puisqu’il suffisait à certains de travailler quelques semaines en mer ou dans les conserveries pour toucher l’assurance chômage le reste de l’année.
Toute baisse de production aurait donc eu de grosses répercussions économiques, surtout à Terre-Neuve où beaucoup de gens n’avaient pas d’autres possibilités d’emploi.
Il y aurait forcément eu des licenciements, voire des fermetures d’usines.
Face à cette menace et à la pression de politiciens locaux en faveur du maintien de l’activité, les autorités fédérales choisissaient de fixer les quotas basés davantage sur des considérations socio-économiques que scientifiques. Aujourd’hui, les pêcheurs de la façade atlantique de Terre-Neuve, réduits à la misère, ont fini par se résigner… Allons-nous attendre que nos petits pêcheurs Français en arrivent là !!!!!!!!!…………(Yves SEVENIER) source www.unesco.org



Les crevettes et les Hommes

Publié dans Environnement - le à 13h49

La lutte menée par S. Jagannathan et des milliers d’autres paysans et pêcheurs, au cri de «élevage = esclavage», pour qu’on interdise enfin l’élevage industriel de la crevette en Inde aura mis sept ans à aboutir. Un véritable exploit quand on sait que ce pays est l’un des premiers producteurs mondiaux de bouquet.Malgré quelques violences policières, des groupes de résistance passive, comme La terre aux cultivateurs, ont réussi à rallier à leur cause des associations de consommateurs et de protection de l’environnement indiennes et étrangères, avant de convaincre la Cour suprême que l’industrie de la crevette violait les droits fondamentaux des personnes.

«Alors que des millions de gens n’avaient pas de quoi faire un repas décent par jour, relate S. Jagannathan, 85 ans, un partisan de la première heure du Mahatama Gandhi, le pays était contraint de produire des crevettes pour les consommateurs des pays riches.

Alors même que le gouvernement retirait son soutien financier aux fermiers, les grosses entreprises qui se lançaient dans la crevette continuaient de recevoir des centaines de millions de roupies de subventions.»

La chute des réserves mondiales de pêche a conféré à l’aquaculture un faux air de manne divine, notamment aux yeux des pays en développement à la recherche de cultures de rente. Les investissseurs se sont bousculés aux portes des Etats côtiers. Comme le Tamil Nadu, où la surface consacrée à l’élevage des crevettes est passée de 250 ha en 1991 à 2 000 ha en 1995.

Les communautés locales ont vu les terres dont elles tiraient leur subsistance depuis des générations brusquement accaparées par les éleveurs de crevettes.

L’eau saumâtre des bassins aquacoles et les produits chimiques utilisés comme engrais et comme nourriture pour ces petits crustacés ont commencé à se répandre à l’extérieur des zones d’aquaculture, polluant les terres cultivées, les mangroves, les nappes aquifères et les réserves d’eau potable.

De plus, les besoins des bassins en eau douce, indispensable pour contrebalancer la hausse du taux de salinité due à l’évaporation, sont considérables. «Il faut de 50 à 60 millions de litres d’eau, dont la moitié d’eau douce, pour produire une tonne de crevettes», explique Bisham Gujja, du Fonds mondial pour la nature (wwf).

Au vu de ces rapports accablants, la Cour suprême a décrété en décembre 1996 que la quasi-totalité des bassins à crevettes situés à moins de 500 mètres de la laisse de haute mer devraient être fermés avant le 31 mars 1997. L’élevage des crevettes n’en continue pas moins, affirme B. Gujja, les fermiers de la mer s’appuyant sur les moindres vices de procédure. «Mais les investisseurs se sont retirés, ajoute-t-il. En sommes-nous bien sur !!!!!!!!………….(Yves SEVENIER)
(1)Source : www.unesco.org/courrier



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